En séance publique au Sénat le 6 juillet dernier, je suis intervenue lors de l’examen de la proposition de loi « pour une montagne vivante et souveraine ».
J’ai voulu rappeler une conviction simple : nos territoires de montagne ne demandent pas des privilèges, mais des règles adaptées à leurs réalités.
Distances, isolement, neige, relief, pastoralisme, agriculture, écoles, stations, services publics, équilibre économique des vallées : tout cela doit être pleinement pris en compte dans la mise en oeuvre des politiques publiques.
À cette occasion, 5 amendements que j’ai portés et défendus ont été adoptés.
✅ Pour les écoles de montagne
Avant toute fermeture de classe, les autorités académiques devront désormais tenir compte des projets d’aménagement et des opérations de logements engagés ou suffisamment établis, lorsqu’ils peuvent entraîner l’arrivée de nouvelles familles.
C’est une avancée de bon sens. Une classe ne doit pas être fermée sur une simple photographie des effectifs, sans regarder la dynamique réelle d’une commune.
✅ Pour une meilleure concertation sur la carte scolaire Deux autres amendements adoptés renforcent cette logique : le rôle des conseils départementaux de l’éducation nationale est réintroduit dans le premier degré, et la notion d’éloignement est mieux prise en compte pour le second degré.
✅ Pour les bergers et le pastoralisme
Les abris de bergers et cabanes pastorales seront désormais expressément reconnus parmi les constructions nécessaires aux activités agricoles, pastorales et forestières, dès lors qu’ils sont nécessaires à l’activité pastorale.
Ces abris ne sont pas des éléments folkloriques. Ils permettent une présence humaine en altitude, au plus près des troupeaux, dans un contexte déjà très exigeant pour les éleveurs et les bergers.
✅ Pour l’agriculture de montagne
Un autre amendement adopté permettra de mieux soutenir les outils de production en montagne, notamment pour les filières locales et laitières, en tenant mieux compte des réalités de site.
Une montagne vivante, c’est aussi une montagne qui produit, transforme, entretient ses paysages et fait vivre ses filières locales.
🎿 Stations de ski et remontées mécaniques : le combat continue
🔴J’ai regretté que la question du modèle économique des stations de ski et des remontées mécaniques n’ait pas pu être pleinement intégrée dans ce texte.
⛷️Les stations doivent s’adapter au changement climatique et diversifier leurs activités. Mais elles ne peuvent pas être regardées comme de simples activités commerciales ordinaires.
📈Dans de nombreuses vallées, les domaines skiables sont des équipements structurants : ils font vivre des emplois, des commerces, des hébergements, des restaurants, des artisans, des écoles de ski, des saisonniers et des familles.
💶Un euro dépensé dans un forfait de remontée mécanique génère en moyenne cinq euros de retombées économiques locales.
🔴Je regrette que mon amendement de repli, demandant un rapport sur la situation financière des services publics de remontées mécaniques et sur les leviers permettant d’en garantir la pérennité, n’ait pas été adopté.
🔴Je regrette également l’irrecevabilité de deux amendements qui auraient permis de simplifier les procédures pour les structures légères de loisirs, comme les via ferrata ou les sentiers d’escalade, ainsi que pour le remplacement d’anciennes remontées mécaniques par des appareils moins impactants, moins bruyants et moins énergivores.
➡️ Je continuerai à porter ces sujets, en particulier pour les petites stations et les stations de moyenne montagne, qui doivent réussir leur transition sans être fragilisées par un cadre juridique et financier inadapté.
🧭La montagne ne demande pas de traitement de faveur. Elle demande une juste prise en compte de ses contraintes, de ses coûts, de ses distances, de ses activités et de ses équilibres propres.
Une montagne vivante et souveraine, c’est une montagne où l’on peut apprendre, travailler, produire, se soigner, transmettre, entreprendre et rester.
Retrouvez la vidéo de mon intervention au lien ci-dessous ainsi que mon communiqué de presse.
